Ă Marmande, une adresse connue des habituĂ©s change de nom, de dĂ©cor et de rythme sans renier ce qui a fait sa rĂ©putation : une cuisine de produit, des assiettes faites maison et une vraie attention portĂ©e aux convives. AprĂšs quinze ans derriĂšre les fourneaux, Annabelle Boat ouvre un nouveau chapitre avec La table dâAnnabelle, anciennement Boat aux saveurs.
Son parcours, discret mais solide, passe par le lycĂ©e hĂŽtelier de Talence puis par lâHostellerie de Plaisance Ă Saint-Ămilion, oĂč elle a travaillĂ© deux ans et demi auprĂšs de Philippe Etchebest. Aujourdâhui, la cheffe fait Ă©voluer son restaurant avec une idĂ©e trĂšs simple : laisser davantage de choix, mettre de la couleur dans la salle comme dans lâassiette, et prouver quâun repas vĂ©gĂ©tarien peut ĂȘtre aussi rĂ©confortant quâun plat traditionnel. đ
| Peu de temps ? VoilĂ ce qu’il faut retenir : | Ce que cela change concrĂštement |
|---|---|
| â Une nouvelle identitĂ© | Boat aux saveurs devient La table dâAnnabelle, avec une salle repensĂ©e et une carte plus souple. |
| đ„ Le vĂ©gĂ©tarien reste gĂ©nĂ©reux | LĂ©gumes de saison, pĂątes fraĂźches, gnocchis maison et sauces travaillĂ©es garantissent une assiette complĂšte. |
| đ± Le produit guide les recettes | Les lĂ©gumes viennent notamment de la serre familiale situĂ©e entre Escassefort et Virazeil. |
| đœïž Une petite jauge assumĂ©e | Le service est volontairement limitĂ© Ă 18 couverts pour garder du soin, du rythme et de la prĂ©cision. |
La table dâAnnabelle Ă Marmande : un restaurant qui change sans perdre son Ăąme
Changer le nom dâun restaurant nâest jamais un dĂ©tail. Pour les clients fidĂšles, câest un repĂšre qui bouge ; pour la cheffe, câest souvent la possibilitĂ© de remettre les compteurs Ă zĂ©ro. Sur lâaxe de Bordeaux, Boat aux saveurs a longtemps incarnĂ© une table discrĂšte mais sĂ©rieuse, portĂ©e par une cuisine personnelle et une rĂ©gularitĂ© rare. Depuis quelques semaines, lâenseigne sâappelle La table dâAnnabelle. Un choix plus direct, plus incarnĂ©, qui met enfin le prĂ©nom de celle qui cuisine au centre du projet.
Cette Ă©volution ne ressemble pas Ă un coup de communication. Elle est nĂ©e dâune pause, prise aprĂšs le service de la Saint-Valentin. Pendant plus dâun mois, le restaurant a fermĂ© ses portes, ce qui nâĂ©tait encore jamais arrivĂ© en quinze ans dâactivitĂ©. Dans un secteur oĂč les indĂ©pendants ont souvent du mal Ă sâarrĂȘter, cette dĂ©cision dit beaucoup de la pĂ©riode : lâenvie de reprendre du recul, dâĂ©couter les retours et de regarder avec luciditĂ© les nouvelles habitudes de table.
Les clients ne commandent plus systĂ©matiquement une formule complĂšte. Beaucoup souhaitent composer leur repas selon leur appĂ©tit, lâheure, la saison ou tout simplement leur budget. Certains veulent une entrĂ©e fraĂźche et un dessert, dâautres cherchent un plat copieux sans forcĂ©ment passer par trois assiettes. La table dâAnnabelle rĂ©pond Ă cette attente en donnant davantage de libertĂ©. La formule entrĂ©e-plat-dessert, longtemps centrale dans la restauration traditionnelle, laisse donc davantage de place Ă une carte qui bouge.
Ce changement est loin dâĂȘtre anodin. Une carte renouvelĂ©e plus souvent oblige Ă sâorganiser autrement : penser les achats, anticiper les rĂ©coltes, adapter les cuissons et rĂ©inventer les associations. Mais câest aussi une maniĂšre trĂšs concrĂšte de respecter la saison. Quand les asperges blanches ne sont plus lĂ , elles ne sont pas artificiellement remplacĂ©es par un produit venu de loin. La tomate de serre, une cerise italienne ou une belle courgette deviennent alors le point de dĂ©part dâune idĂ©e de plat.
La nouvelle salle suit la mĂȘme logique. Annabelle Boat a voulu de la couleur, du relief, de la chaleur. Parce que lâon vient au restaurant pour manger, Ă©videmment, mais aussi pour sortir du quotidien. Avec lâaide de sa mĂšre et de sa sĆur, elle a cherchĂ© des inspirations, imaginĂ© une ambiance moins sage, puis confiĂ© les siĂšges et les rideaux Ă un tapissier de Bergerac. Ce geste artisanal apporte une cohĂ©rence bienvenue : ici, le dĂ©cor ne cherche pas Ă imiter une tendance, il accompagne une maison qui se raconte avec sincĂ©ritĂ©.
Cette attention aux dĂ©tails rappelle ce que les bonnes petites tables rĂ©gionales savent faire de mieux. Pas besoin de multiplier les artifices pour crĂ©er un moment marquant : une salle accueillante, une Ă©quipe concentrĂ©e, une assiette nette et des produits qui ont du goĂ»t suffisent largement. Les voyageurs qui aiment explorer les tables de caractĂšre peuvent dâailleurs prolonger leur dĂ©couverte avec cette sĂ©lection autour de la cuisine bistronomique Ă Sarlat, oĂč lâidentitĂ© du lieu compte autant que la technique.
Ă La table dâAnnabelle, la transformation ne veut donc pas dire rupture. Le socle reste le mĂȘme : cuisiner maison, sâadapter au vivant, accueillir sans chichi et ne pas sâenfermer dans une formule rigide. Le nom change, mais lâexigence reste dans lâassiette.

AprĂšs Philippe Etchebest : quinze ans de cuisine forgĂ©s par lâapprentissage et le terrain
Le parcours dâAnnabelle Boat ne se rĂ©sume pas Ă un changement dâenseigne. Avant de diriger sa propre maison, la Marmandaise sâest formĂ©e au lycĂ©e hĂŽtelier de Talence, puis a rejoint lâHostellerie de Plaisance Ă Saint-Ămilion. Ă cette Ă©poque, elle y a travaillĂ© pendant deux ans et demi comme seconde de cuisine auprĂšs de Philippe Etchebest. Une expĂ©rience structurante, dans une brigade oĂč la rigueur, le respect du produit et la prĂ©cision du service ne laissent pas beaucoup de place Ă lâimprovisation.
Apprendre dans ce type dâĂ©tablissement ne signifie pas reproduire ensuite une cuisine identique. LâintĂ©rĂȘt est ailleurs : comprendre la valeur dâun geste rĂ©pĂ©tĂ©, dâune sauce bien montĂ©e, dâune cuisson maĂźtrisĂ©e et dâun poste parfaitement organisĂ©. Dans les cuisines exigeantes, chaque minute compte. Il faut ĂȘtre prĂȘt avant le coup de feu, garder la tĂȘte froide quand les bons tombent et savoir communiquer sans parasiter le travail collectif.
Cette Ă©cole de la discipline apparaĂźt encore dans la maniĂšre dont Annabelle Boat conçoit son service. La salle est limitĂ©e Ă 18 convives. Ce chiffre peut sembler modeste Ă qui imagine la restauration seulement en volume, mais il permet de dĂ©fendre une autre idĂ©e du mĂ©tier. Dix-huit couverts, ce sont dix-huit assiettes qui peuvent sortir au bon moment, avec la mĂȘme attention, sans que la cuisine ne sacrifie sa personnalitĂ© pour gagner quelques tables supplĂ©mentaires.
Dans ce cadre, les deux heures de service prennent une intensitĂ© particuliĂšre. La cheffe apprĂ©cie cette montĂ©e dâadrĂ©naline : il faut envoyer vite, rester concentrĂ©e, vĂ©rifier les cuissons et ne jamais perdre de vue le plaisir du client. Cette tension, loin des clichĂ©s sur les grandes brigades tĂ©lĂ©visĂ©es, existe dans toutes les petites maisons oĂč la cuisine est rĂ©ellement faite sur place. Elle demande une organisation millimĂ©trĂ©e et une vraie endurance.
Une cheffe qui avance dans un métier longtemps verrouillé
La restauration a longtemps Ă©tĂ© racontĂ©e comme un univers masculin, compĂ©titif et parfois brutal. Annabelle Boat Ă©voque elle-mĂȘme cette rĂ©alitĂ© sans en faire un Ă©tendard. Elle a choisi de tracer sa route avec constance, dans une activitĂ© oĂč les horaires sont difficiles, les marges serrĂ©es et la reconnaissance rarement immĂ©diate. Son parcours est prĂ©cieux parce quâil rappelle quâune carriĂšre durable se construit autant sur la rĂ©sistance que sur le talent.
Son histoire familiale ajoute une dimension trĂšs concrĂšte Ă cette trajectoire. Personne, autour dâelle, ne travaillait dans le mĂ©tier. Pourtant, depuis lâenfance, elle a fait goĂ»ter ses essais culinaires aux siens, parfois avec des recettes plus audacieuses que rassurantes. Cette libertĂ© de tester est essentielle : elle apprend Ă accepter les ratĂ©s, Ă rire dâun essai un peu bancal et Ă recommencer avec une meilleure idĂ©e.
Ce rapport direct au terrain contraste avec une cuisine dictĂ©e par les rĂ©seaux sociaux. Ici, les recettes ne naissent pas dâune vidĂ©o vue entre deux services. Elles viennent dâun arrivage, dâune rĂ©colte, dâune texture Ă valoriser ou dâun produit qui appelle une association. Une cerise peut inspirer une touche acidulĂ©e dans un dessert ; une tomate trĂšs mĂ»re peut devenir une sauce, un condiment ou une garniture gĂ©nĂ©reuse. La crĂ©ativitĂ© commence souvent par une cagette.
Pour qui sâintĂ©resse au parcours de femmes qui portent une cuisine singuliĂšre, le regard peut aussi se tourner vers le travail dâune cheffe privĂ©e engagĂ©e dans une approche sur mesure. Les formats diffĂšrent, mais lâidĂ©e est la mĂȘme : cuisiner juste, en sâadaptant aux personnes et non Ă une recette figĂ©e.
La leçon Ă garder est simple : la technique donne un cadre, mais le territoire et lâexpĂ©rience donnent une voix. Câest cette voix quâAnnabelle Boat fait entendre aujourdâhui avec une cuisine plus libre, sans perdre le sĂ©rieux acquis au fil des annĂ©es.
Restaurant végétarien généreux : comment Annabelle Boat rassure les amateurs de cuisine gourmande
« Ne vous inquiĂ©tez pas, ce sera copieux mĂȘme si câest vĂ©gĂ©tarien. » Cette phrase rĂ©sume un malentendu encore tenace. Pour une partie des clients, commander sans viande ni poisson peut donner lâimpression de choisir une option secondaire : une assiette de lĂ©gumes peu nourrissante, un plat improvisĂ© ou une proposition moins travaillĂ©e que le reste de la carte. Ă La table dâAnnabelle, lâapproche est tout autre. Le vĂ©gĂ©tarien ne sert pas de roue de secours ; il devient une maniĂšre de composer autrement la gourmandise.
Une assiette vĂ©gĂ©tarienne gĂ©nĂ©reuse repose dâabord sur lâĂ©quilibre. Les lĂ©gumes apportent la fraĂźcheur, les fibres, les couleurs et la saisonnalitĂ©. Mais ils doivent ĂȘtre soutenus par une vraie construction : lĂ©gumineuses, cĂ©rĂ©ales, Ćufs, fromage, sauces, pĂątes maison, gnocchis ou fruits secs peuvent apporter le relief et la satiĂ©tĂ©. Lâobjectif nâest pas de faire oublier la viande Ă tout prix. Il sâagit de crĂ©er un plat qui se suffit pleinement Ă lui-mĂȘme.
Un exemple simple permet de comprendre lâidĂ©e. Des tomates de serre bien mĂ»res peuvent ĂȘtre rĂŽties lentement pour concentrer leur goĂ»t, servies avec des gnocchis maison, une crĂšme lĂ©gĂšre aux herbes, quelques graines torrĂ©fiĂ©es et un fromage local bien choisi. Le rĂ©sultat nâa rien dâune garniture : il y a du fondant, de lâaciditĂ©, du croquant et une sauce qui lie lâensemble. Câest ce travail de textures qui transforme un plat vĂ©gĂ©tal en vĂ©ritable plat de restaurant.
- đ„ Penser la base rassasiante : gnocchis, pĂątes fraĂźches, polenta, haricots secs ou cĂ©rĂ©ales donnent de la tenue Ă lâassiette.
- đ Travailler lâumami : champignons, tomates confites, fromages affinĂ©s ou bouillons rĂ©duits renforcent la profondeur des saveurs.
- đż Ajouter du contraste : une herbe fraĂźche, un condiment acidulĂ© ou des graines grillĂ©es Ă©vitent les plats uniformes.
- đ§ Ne pas oublier la gourmandise : une sauce, un jus vĂ©gĂ©tal corsĂ© ou une cuisson au beurre peuvent faire toute la diffĂ©rence.
Cette cuisine rĂ©pond aussi Ă une Ă©volution des usages. Beaucoup de personnes ne sont ni vĂ©gĂ©tariennes ni vĂ©ganes au quotidien, mais rĂ©duisent naturellement leur consommation de viande. Elles cherchent des repas plus lĂ©gers, plus variĂ©s, parfois moins coĂ»teux, sans vouloir renoncer au plaisir du restaurant. Câest lĂ que les chefs ont un rĂŽle passionnant Ă jouer : arrĂȘter dâopposer le « plat normal » au « plat vĂ©gĂ©tarien » et imaginer une carte oĂč chaque proposition donne envie.
Le végétal ne doit jamais devenir une punition
La pire erreur consiste Ă proposer un plat vĂ©gĂ©tarien triste par dĂ©faut : une salade mal assaisonnĂ©e, trois lĂ©gumes vapeur et une tranche de fromage sans vĂ©ritable fil conducteur. Ce type dâassiette entretient lâidĂ©e quâune cuisine sans viande serait forcĂ©ment frustrante. Or, les grandes traditions culinaires françaises regorgent de pistes : gratins, tartes, soupes Ă©paisses, risottos, ravioles, Ćufs cocotte, pommes de terre confites ou lĂ©gumes farcis peuvent ĂȘtre profondĂ©ment rĂ©confortants.
Dans le Sud-Ouest, cette gĂ©nĂ©rositĂ© peut sâexprimer avec des produits simples : une courge rĂŽtie, des haricots tarbais, un bon pain, un fromage de brebis, une huile de noix ou une crĂšme dâail doux. Lâenjeu est de garder une identitĂ© locale sans vouloir imiter un plat carnĂ©. Un cassoulet sans viande nâa pas forcĂ©ment besoin de se dĂ©guiser en cassoulet ; des haricots mijotĂ©s avec des lĂ©gumes, des aromates et une croĂ»te dorĂ©e peuvent raconter une histoire tout aussi gourmande.
Pour préparer un week-end gourmand ou trouver des tables qui prennent le sujet au sérieux, cette sélection des meilleures adresses végétariennes en Dordogne offre de bonnes pistes. Elle montre surtout que la cuisine végétale de caractÚre ne se limite plus aux grandes villes.
Le message dâAnnabelle Boat est rassurant parce quâil est concret : un plat vĂ©gĂ©tarien rĂ©ussi ne retire rien au plaisir, il dĂ©place simplement le centre de lâassiette.
Des lĂ©gumes de serre aux assiettes maison : la force dâune cuisine familiale et locale
Ă La table dâAnnabelle, la cuisine commence avant le marchĂ©, avant la mise en place et mĂȘme avant lâouverture du restaurant. Elle prend racine dans la serre des parents de la cheffe, entre Escassefort et Virazeil. Les lĂ©gumes qui arrivent en cuisine ne sont donc pas choisis sur un catalogue ou commandĂ©s au hasard. Ils viennent dâun environnement connu, suivi, rĂ©coltĂ© avec lâaide de la famille lorsque la saison le demande.
Cette proximitĂ© change la façon de cuisiner. Lorsquâun cuisinier connaĂźt le producteur, il sait si les tomates ont eu du soleil, si les courgettes sont encore tendres ou si les herbes sont particuliĂšrement parfumĂ©es cette semaine-lĂ . Il peut Ă©galement prĂ©voir les quantitĂ©s avec plus de finesse et bĂątir des idĂ©es autour dâun produit rĂ©ellement disponible. Câest un luxe simple, mais prĂ©cieux, Ă lâheure oĂč beaucoup de cartes affichent des discours locaux sans toujours dire dâoĂč viennent les ingrĂ©dients.
Le lien familial ne sâarrĂȘte pas Ă la production. FrĂšres et sĆurs peuvent participer aux rĂ©coltes. La mĂšre et la sĆur ont participĂ© Ă la nouvelle ambiance de salle. Cette prĂ©sence nâa rien dâanecdotique : elle rappelle quâun restaurant indĂ©pendant est souvent une aventure collective, mĂȘme lorsquâun seul nom est inscrit sur la façade. DerriĂšre chaque service, il y a des coups de main, des discussions, des paniers de lĂ©gumes et des dĂ©cisions prises Ă plusieurs.
Le fait maison reste le point non nĂ©gociable de la maison. PĂątes fraĂźches, gnocchis et glaces sont prĂ©parĂ©s sur place. Ce choix demande du temps, de la place, de lâorganisation et une certaine humilitĂ© : faire maison ne veut pas dire tout compliquer. Cela veut dire savoir quels Ă©lĂ©ments apportent une vraie diffĂ©rence. Une pĂąte fraĂźche bien travaillĂ©e absorbe mieux une sauce. Un gnocchi maison peut ĂȘtre moelleux plutĂŽt quâĂ©lastique. Une glace rĂ©alisĂ©e en cuisine peut suivre les fruits du moment au lieu de rester identique toute lâannĂ©e.
Pourquoi le fait maison a encore du sens au restaurant
Le fait maison est parfois devenu un argument automatique. Pourtant, dans une petite table comme celle-ci, il prend une dimension trĂšs concrĂšte. Il permet dâajuster le goĂ»t, de limiter les ingrĂ©dients inutiles et de faire Ă©voluer la carte sans dĂ©pendre entiĂšrement de produits standardisĂ©s. Une glace Ă la cerise, par exemple, peut ĂȘtre plus ou moins acidulĂ©e selon le fruit reçu. Câest cette marge dâinterprĂ©tation qui rend une cuisine vivante.
Il faut aussi parler du travail invisible. PrĂ©parer des pĂątes, rouler des gnocchis ou turbiner une glace ne se fait pas pendant le service. Tout se joue en amont : pesĂ©es, cuissons, refroidissements, stockage, nettoyage. Câest un engagement qui ne se voit pas toujours dans lâassiette, mais qui se ressent. Le client ne repartira peut-ĂȘtre pas en disant quâil a identifiĂ© chaque geste, mais il gardera la sensation dâun plat cohĂ©rent, gĂ©nĂ©reux et plus personnel.
Cette philosophie est particuliĂšrement pertinente pour les lĂ©gumes dits modestes. Une pomme de terre, un poireau, une carotte ou une betterave nâimpressionnent personne sur une liste dâingrĂ©dients. Pourtant, avec une cuisson juste, une sauce maison et une garniture bien pensĂ©e, ils peuvent devenir le centre du repas. Le terroir ne repose pas uniquement sur des produits rares ; il se lit aussi dans la maniĂšre de respecter ce qui pousse prĂšs de chez soi.
Les lecteurs qui aiment relier marche, produits locaux et bonnes assiettes pourront aussi regarder cette idĂ©e de randonnĂ©e gourmande dans le Grand Dax. Câest une autre façon de comprendre que le plaisir de manger commence souvent dehors, au contact des paysages et de celles et ceux qui les cultivent.
Dans lâassiette dâAnnabelle Boat, le local ne joue pas les slogans. Il se reconnaĂźt Ă la fraĂźcheur du produit, Ă la souplesse de la carte et Ă la simplicitĂ© des gestes bien faits.
Choisir La table dâAnnabelle : une expĂ©rience de restaurant Ă taille humaine qui sâadapte vraiment
Ce qui distingue une table indĂ©pendante, ce nâest pas seulement le contenu de lâassiette. Câest la capacitĂ© Ă accueillir des demandes particuliĂšres sans donner lâimpression que le client dĂ©range. Annabelle Boat rĂ©pond elle-mĂȘme au tĂ©lĂ©phone, y compris lorsque le restaurant est fermĂ© le lundi et le mardi. Une rĂ©servation peut alors devenir un vrai Ă©change : allergies, prĂ©fĂ©rence vĂ©gĂ©tarienne, appĂ©tit dâun enfant, envie dâun menu plus lĂ©ger ou besoin dâanticiper une contrainte alimentaire.
Cette disponibilitĂ© ne signifie pas que tout est possible Ă la derniĂšre minute. Elle montre plutĂŽt quâune bonne cuisine commence par lâĂ©coute. PrĂ©venir en rĂ©servant permet Ă la cheffe de sâorganiser, de conserver la qualitĂ© et dâĂ©viter les improvisations dĂ©cevantes. Pour le client, câest aussi la meilleure maniĂšre de profiter pleinement du repas. Une allergie signalĂ©e Ă lâavance, un rĂ©gime vĂ©gĂ©tarien expliquĂ© ou une demande de plat sans alcool permettent Ă la brigade de penser une rĂ©ponse cohĂ©rente.
Dans une salle de 18 couverts, chaque rĂ©servation a du poids. Un retard important, une annulation tardive ou une demande communiquĂ©e au dernier moment peuvent dĂ©sĂ©quilibrer un service prĂ©parĂ© avec prĂ©cision. Le bon rĂ©flexe est donc simple : appeler ou rĂ©server suffisamment tĂŽt, poser les questions utiles et accepter que le restaurant travaille avec les produits du moment. Cette souplesse mutuelle est lâun des charmes des maisons qui cuisinent vraiment.
Les bons rĂ©flexes pour profiter dâune table de saison
- đ RĂ©serve en prĂ©cisant les contraintes alimentaires : vĂ©gĂ©tarisme, allergies ou intolĂ©rances doivent ĂȘtre annoncĂ©s dĂšs le dĂ©part.
- đ„ Laisse-toi guider par la carte du moment : elle reflĂšte les rĂ©coltes, les arrivages et les idĂ©es de la cuisine.
- â° Respecte lâhoraire annoncĂ© : dans une petite salle, le rythme du service dĂ©pend de chaque table.
- đŹ Pose une question plutĂŽt que de supposer : le vĂ©gĂ©tarien, le sans gluten ou les adaptations possibles se discutent facilement en amont.
- đš Garde une place pour le dessert : quand les glaces et les douceurs sont faites maison, ce serait dommage de passer Ă cĂŽtĂ©.
La nouvelle vie gourmande dâAnnabelle Boat se situe prĂ©cisĂ©ment lĂ : dans lâadaptation sans renoncement. Elle ne cherche pas Ă faire plus grand, plus bruyant ou plus standardisĂ©. Elle choisit une maison qui lui ressemble davantage, avec une carte moins figĂ©e, une dĂ©coration plus joyeuse et une cuisine qui assume la saison. Câest une rĂ©ponse lucide Ă lâĂ©poque, oĂč lâon veut manger bon sans forcĂ©ment suivre les codes dâun repas imposĂ©.
Pour les professionnels de la restauration, le projet offre aussi un exemple intĂ©ressant. RĂ©duire la taille de la salle, revoir les formules, faire tourner les plats plus souvent et dĂ©velopper une vraie proposition vĂ©gĂ©tarienne ne sont pas des recettes miracles. Ce sont des choix de positionnement. Ils demandent de connaĂźtre sa clientĂšle, de maĂźtriser ses coĂ»ts et dâaccepter de sortir de certains automatismes. Mais ils peuvent redonner de la cohĂ©rence Ă une adresse.
Pour les particuliers, lâintĂ©rĂȘt est tout aussi clair. Une table de ce type permet de dĂ©couvrir une cuisine ancrĂ©e dans son territoire, sans le cĂ©rĂ©monial parfois intimidant des grandes adresses. On peut y venir pour une assiette de lĂ©gumes travaillĂ©e, des pĂątes fraĂźches, un dĂ©jeuner familial ou le plaisir de soutenir une restauratrice qui cuisine avec ses propres repĂšres. Le meilleur rĂ©flexe : rĂ©server, signaler tes envies et laisser la saison faire une partie du voyage. đœïž
Pourquoi Boat aux saveurs est-il devenu La table dâAnnabelle ?
Le changement de nom accompagne une nouvelle étape pour Annabelle Boat : carte plus flexible, décoration repensée, pause hivernale assumée et identité plus personnelle, tout en conservant une cuisine maison ancrée dans les produits de saison.
Le restaurant propose-t-il de vrais plats végétariens ?
Oui. La cheffe défend des assiettes végétariennes généreuses, construites autour des légumes de saison, de pùtes fraßches, de gnocchis maison, de sauces et de garnitures travaillées. Il est préférable de préciser sa demande lors de la réservation.
DâoĂč viennent les lĂ©gumes utilisĂ©s Ă La table dâAnnabelle ?
Une partie importante des lĂ©gumes provient de la serre des parents dâAnnabelle Boat, situĂ©e entre Escassefort et Virazeil. Les rĂ©coltes familiales influencent directement les propositions de la carte.
Pourquoi la salle est-elle limitée à 18 couverts ?
Cette jauge permet de garder une cuisine prĂ©cise et un service fluide. Elle correspond au choix dâune restauration Ă taille humaine, oĂč chaque assiette peut ĂȘtre prĂ©parĂ©e avec attention pendant le coup de feu.


