Ă Sort-en-Chalosse, Cathy Degert fait pousser bien plus quâun lĂ©gume de saison : elle entretient un savoir-faire familial, dĂ©fend un piment doux landais encore trop souvent mal compris et ouvre aujourdâhui une nouvelle voie avec des variĂ©tĂ©s rouges. Dans les rangs de la ferme de la Camesure, le vert cĂŽtoie dĂ©sormais le rouge, sans jamais perdre cette douceur qui fait toute sa personnalitĂ©.
Ă 53 ans, cette agricultrice landaise cultive depuis quinze ans des piments, des salades et des courges sur les terres travaillĂ©es par trois gĂ©nĂ©rations avant elle. Son projet Les Piments de Paulette, dĂ©posĂ© au dĂ©but de lâannĂ©e, transforme les rĂ©coltes en poudres, purĂ©es et futures recettes inspirĂ©es du terroir. Une Ă©volution trĂšs concrĂšte, qui raconte autant la cuisine du Sud-Ouest que les dĂ©fis dâune agriculture attentive au vivant. đ¶ïž
| Peu de temps ? VoilĂ ce qu’il faut retenir : | Ce que cela change |
|---|---|
| â Le piment doux des Landes est un lĂ©gume | đ± Il se cuisine frais, comme un poivron fin et parfumĂ©, sans sensation de feu. |
| â Le rouge ne pique pas davantage que le vert | đ Il devient mĂȘme plus sucrĂ© en mĂ»rissant naturellement sur le plant. |
| â Cathy Degert dĂ©veloppe Les Piments de Paulette | đ« La ferme transforme dĂ©sormais une partie de sa production en purĂ©e et en poudre. |
| â La chaleur impose une adaptation permanente | đ§ Irrigation, semences conservĂ©es et diversification aident la ferme Ă tenir le cap. |
Le piment doux des Landes de Cathy Degert : un lĂ©gume Ă redĂ©couvrir dans lâassiette
Le premier rĂ©flexe, face au mot « piment », est souvent de penser au piquant. Pourtant, le piment doux des Landes ne joue pas dans cette catĂ©gorie. Cathy Degert le rappelle avec conviction : sa place est celle dâun lĂ©gume, Ă cuisiner simplement, et non dâune Ă©pice destinĂ©e Ă relever brutalement un plat. Sa chair Ă©voque un poivron plus fin, avec une fraĂźcheur vĂ©gĂ©tale trĂšs agrĂ©able lorsquâil est consommĂ© jeune et vert.
Cette nuance compte pour les cuisiniers comme pour les familles. Trop de personnes passent Ă cĂŽtĂ© de ce produit par peur de devoir boire un litre dâeau aprĂšs une bouchĂ©e. Ici, rien de tel : le fruit nâest pas agressif. Tu peux le poĂȘler, le griller, le farcir ou le glisser cru dans une salade dâĂ©tĂ©. Il accompagne naturellement les Ćufs, le poulet rĂŽti, le poisson, les haricots blancs ou une belle tranche de pain de campagne.
Une culture enracinée dans la Chalosse
La ferme de la Camesure sâinscrit dans une histoire agricole familiale solide. Sur une soixantaine dâhectares, trois gĂ©nĂ©rations ont travaillĂ© avant Cathy Degert. Lorsquâelle a choisi de poursuivre lâactivitĂ©, lâidĂ©e de cultiver des piments est venue enrichir les productions de salades et de courges. Son pĂšre, Georges, en faisait dĂ©jĂ dans le potager pour la table familiale. Cette transmission, trĂšs simple au dĂ©part, a trouvĂ© une vraie dimension professionnelle.
Dans la commune de Sort-en-Chalosse, Cathy fait partie des deux producteurs installĂ©s localement. Plus Ă lâouest, dans le Seignanx, douze producteurs se sont rapprochĂ©s de voisins basques pour dĂ©fendre le Biper Eztia, un piment doux valorisĂ© par un Label Rouge transdĂ©partemental. Ces dĂ©marches montrent que le Sud-Ouest possĂšde plusieurs identitĂ©s de piments, avec des terroirs, des habitudes culinaires et des circuits de commercialisation distincts.
Le produit de Cathy ne se limite pas Ă une Ă©tiquette locale : il raconte une maniĂšre de cultiver et de manger. Les rangs sâĂ©tendent sur 1,6 hectare, avec un objectif pouvant approcher les quarante tonnes lors dâune saison favorable. DerriĂšre ce chiffre, il faut imaginer des milliers de gestes, de passages, de contrĂŽles visuels et de rĂ©coltes. Ce nâest pas le genre de production que lâon pilote depuis un bureau.
- đ¶ïž Vert : croquant, vĂ©gĂ©tal et idĂ©al Ă la plancha ou dans une poĂȘlĂ©e.
- đ Rouge : plus mĂ»r, plus rond en bouche et naturellement plus sucrĂ©.
- đ« En purĂ©e : pratique pour une sauce, une vinaigrette ou une base de tartinade.
- ⚠En poudre : parfait pour parfumer sans écraser le goût des ingrédients.
Pour mieux comprendre ce lĂ©gume, lâexpĂ©rience la plus parlante reste celle de la dĂ©gustation. Coupe un piment vert en fines laniĂšres, fais-le revenir doucement avec un filet dâhuile et une pincĂ©e de sel, puis ajoute-le Ă une omelette baveuse. Le rĂ©sultat est immĂ©diat : du goĂ»t, de la couleur et aucun excĂšs. Câest prĂ©cisĂ©ment cette cuisine quotidienne, gĂ©nĂ©reuse sans ĂȘtre compliquĂ©e, qui donne au piment doux des Landes tout son intĂ©rĂȘt.
Dans un territoire oĂč lâon aime les produits francs, Cathy Degert dĂ©fend une Ă©vidence savoureuse : un piment doux nâa pas besoin de brĂ»ler pour avoir du caractĂšre.

Culture des piments doux dans les Landes : des gestes manuels qui font la différence
Dans les champs de Cathy Degert, le piment demande de la prĂ©sence. Sa culture commence au printemps et sâĂ©tire jusquâaux premiĂšres gelĂ©es dâautomne. Entre ces deux bornes, il faut observer, attacher, arroser, anticiper les maladies et rĂ©colter au bon moment. Lâagricultrice compare volontiers cette conduite Ă celle de la vigne : les plantes grandissent, doivent ĂȘtre accompagnĂ©es et demandent un palissage attentif.
Ce travail reste largement manuel. LâĂ©cartement entre les rangs ne permet pas le passage de grosses machines, ce qui impose de circuler Ă pied au milieu des plants. La rĂ©colte se fait fruit par fruit, Ă la main, dĂšs la fin mai lorsque les premiĂšres piĂšces sont prĂȘtes. Au cĆur de lâĂ©tĂ©, le rythme devient particuliĂšrement soutenu : un piment oubliĂ© peut vite dĂ©passer le stade recherchĂ© pour la vente en frais.
Garder ses graines pour préserver son autonomie
Cathy Degert conserve une partie de ses semences dâune saison Ă lâautre. Ce geste est loin dâĂȘtre anodin. Il lui permet de ne pas dĂ©pendre entiĂšrement de grands groupes semenciers, mais aussi de maintenir une sĂ©lection adaptĂ©e Ă ses parcelles et Ă sa maniĂšre de travailler. Une graine gardĂ©e, triĂ©e et remise en culture porte en elle lâexpĂ©rience de la ferme.
Pour les jardiniers qui veulent tenter lâaventure chez eux, le principe reste similaire, Ă plus petite Ă©chelle. Il faut partir de jeunes plants bien vigoureux, choisir un sol drainant, installer les pieds aprĂšs les risques de gel et arroser rĂ©guliĂšrement. La chaleur est indispensable, mais elle ne dispense jamais de surveillance. Pour rĂ©ussir le dĂ©marrage, les conseils sur la plantation en mini-mottes offrent de bons repĂšres sur la manipulation dĂ©licate des jeunes plants.
Le piment est une plante dâorigine tropicale : il aime le soleil, la chaleur et une disponibilitĂ© rĂ©guliĂšre en eau. Ă la ferme de la Camesure, un forage fournit lâirrigation nĂ©cessaire. Cela ne signifie pas quâil suffit dâouvrir un robinet. Il faut ajuster les apports au sol, au stade de dĂ©veloppement et Ă la mĂ©tĂ©o. Trop peu dâeau freine la plante ; trop dâeau peut fragiliser les racines ou diluer les saveurs.
- đ± Installer les plants quand les nuits sont durablement douces.
- đ§ Arroser au pied, de prĂ©fĂ©rence tĂŽt le matin, pour limiter lâĂ©vaporation.
- đȘą Palisser les tiges Ă mesure quâelles prennent de la hauteur.
- đ Observer chaque semaine les feuilles, les fleurs et la formation des fruits.
- đ§ș Cueillir rĂ©guliĂšrement pour encourager la production et choisir le bon stade de maturitĂ©.
Le dĂ©tail le plus parlant est sans doute le temps de rĂ©colte. Dans une cuisine, on voit le piment une minute sur une planche Ă dĂ©couper. Dans un champ, il reprĂ©sente des mois dâattention. Cathy le sait : la qualitĂ© finale dĂ©pend autant du choix variĂ©tal que de la rĂ©gularitĂ© des gestes. Câest ce qui explique la diffĂ©rence entre un produit standardisĂ© et un lĂ©gume de ferme cueilli avec discernement.
Cette patience se retrouve dans lâassiette. Quand tu cuisines un produit rĂ©coltĂ© Ă maturitĂ©, tu nâas pas besoin de lui inventer une personnalitĂ© : il apporte dĂ©jĂ sa texture, son parfum et son histoire.
Piments rouges à Sort-en-Chalosse : comprendre une maturité qui ne pique pas
Le passage du vert au rouge est au cĆur de la nouvelle Ă©tape engagĂ©e par Cathy Degert. Beaucoup de consommateurs imaginent quâun piment devenu rouge devient automatiquement plus fort. Dans le cas du piment doux des Landes, câest faux. La couleur marque avant tout la maturation du fruit. Le rouge rĂ©vĂšle mĂȘme une expression plus sucrĂ©e, plus ample, tout en conservant lâabsence de piquant qui caractĂ©rise cette production.
Habituellement, cette Ă©volution sâobserve autour de la mi-aoĂ»t. Or, durant lâĂ©tĂ© particuliĂšrement chaud Ă©voquĂ© Ă la ferme, des fruits rouges sont apparus dĂšs le dĂ©but juin. Cette maturitĂ© prĂ©coce nâa rien dâun petit bonus esthĂ©tique. Elle tĂ©moigne dâun cycle bousculĂ© par les tempĂ©ratures extrĂȘmes, avec des plants et des fruits parfois brĂ»lĂ©s par le soleil. La chaleur accĂ©lĂšre certains phĂ©nomĂšnes, mais elle peut aussi abĂźmer directement la rĂ©colte.
Transformer une contrainte climatique en piste de valorisation
Au lieu de considĂ©rer ces piments rouges comme un Ă©cart impossible Ă vendre, Cathy Degert cherche Ă les valoriser. Câest une dĂ©marche trĂšs pragmatique. Si le public associe encore le rouge au danger, le rĂŽle de la productrice est aussi de faire goĂ»ter, dâexpliquer et de proposer des formats rassurants. Une purĂ©e rouge dans un bocal parle parfois plus facilement quâun piment entier sur un Ă©tal.
La nouvelle marque Les Piments de Paulette sâinscrit prĂ©cisĂ©ment dans cette logique. Sa premiĂšre sauce est une purĂ©e de piment doux des Landes. LâidĂ©e nâest pas de singer une harissa ou une sauce trĂšs relevĂ©e : elle vise plutĂŽt une texture souple et un goĂ»t proche du poivron, capable de relever un sandwich, une assiette de lĂ©gumes rĂŽtis ou une viande grillĂ©e sans masquer le reste.
Dans une cuisine de tous les jours, cette purĂ©e peut servir de base trĂšs utile. MĂ©langĂ©e Ă du yaourt nature et Ă quelques herbes, elle devient une sauce fraĂźche pour des cruditĂ©s. IncorporĂ©e Ă une vinaigrette, elle donne du relief Ă une salade de lentilles. Ătendue sur une tranche de pain avec du fromage de brebis, elle crĂ©e un apĂ©ritif express qui a vraiment du goĂ»t. VoilĂ une façon simple de faire entrer la production locale dans les habitudes.
Le dĂ©veloppement de piments rouges gorria Ă Sort-en-Chalosse va dans la mĂȘme direction. Cette variĂ©tĂ©, connue dans lâunivers basque, permet Ă Cathy dâĂ©largir sa palette aromatique. Une fois sĂ©chĂ©s puis moulus, ces fruits donnent une poudre parfumĂ©e dont les notes rappellent naturellement les grands piments du voisinage, sans effacer la personnalitĂ© de la ferme landaise.
Le rouge nâest donc pas une rupture avec le vert : câest la continuitĂ© dâun mĂȘme travail, poussĂ©e vers de nouvelles utilisations. Les cuisines basques savent combien les produits de caractĂšre aiment les cuissons franches ; pour tâinspirer autour des viandes grillĂ©es, les repĂšres de cuisson de la txuleta basque donnent de belles idĂ©es dâaccords avec une poudre douce et fruitĂ©e.
Face aux images parfois anxiogĂšnes dâune agriculture confrontĂ©e aux excĂšs mĂ©tĂ©o, lâinitiative de Cathy apporte une rĂ©ponse concrĂšte : mieux utiliser chaque stade de maturitĂ© plutĂŽt que de rĂ©duire un fruit Ă sa seule couleur.
Les Piments de Paulette : poudre, purée et recettes locales pour mieux cuisiner le piment
LâarrivĂ©e dâun four Ă la ferme de la Camesure change lâhorizon de la production. Jusquâici, le piment frais constituait une grande part de lâactivitĂ©, destinĂ©e aussi bien aux centrales dâachat quâaux restaurants. Avec le sĂ©chage, Cathy Degert peut dĂ©sormais prolonger la durĂ©e de vie de ses rĂ©coltes, concentrer les arĂŽmes et crĂ©er des produits qui se glissent facilement dans les placards des particuliers comme dans les cuisines professionnelles.
Le processus demande de la prĂ©cision. Il faut sĂ©lectionner les fruits, les sĂ©cher de façon rĂ©guliĂšre, puis les rĂ©duire en poudre sans les chauffer inutilement ni les dĂ©naturer. Une poudre rĂ©ussie ne doit pas seulement ĂȘtre colorĂ©e : elle doit dĂ©gager un parfum net, lĂ©gĂšrement fruitĂ©, avec cette rondeur caractĂ©ristique qui permet dâen mettre dans de nombreux plats. Elle devient une alternative locale trĂšs intĂ©ressante au paprika classique.
Des usages simples, loin des recettes intimidantes
La poudre de piment rouge peut ĂȘtre ajoutĂ©e Ă la fin dâune cuisson sur des pommes de terre sautĂ©es, une soupe de courge ou des Ćufs cocotte. Sur un poisson blanc, elle fonctionne trĂšs bien avec du citron et une huile dâolive douce. Dans un plat mijotĂ©, mieux vaut commencer avec une petite quantitĂ©, goĂ»ter, puis ajuster. Le but nâest pas de tout colorer en rouge, mais dâapporter une profondeur aromatique.
La purĂ©e, elle, permet une cuisine encore plus spontanĂ©e. Elle trouve sa place dans une mayonnaise maison, une sauce tomate, une poĂȘlĂ©e de lĂ©gumes ou une marinade. Avec des pois chiches Ă©crasĂ©s, du jus de citron et du tahini, elle apporte une variation locale trĂšs agrĂ©able Ă un houmous. Le piment doux devient alors un ingrĂ©dient de liaison, pas un simple dĂ©cor sur le rebord de lâassiette.
| Produit de la ferme | Usage conseillé | Accord gourmand |
|---|---|---|
| đ¶ïž Piment vert frais | PoĂȘle, plancha, omelette | đ Poisson grillĂ© et citron |
| đ Piment rouge doux | LĂ©gumes rĂŽtis, compotĂ©e | đ§ Brebis ou chĂšvre frais |
| âš Poudre de gorria | Assaisonnement final | đ„ Pommes de terre et Ćufs |
| đ« PurĂ©e douce | Sauce, tartine, marinade | đ Volaille rĂŽtie ou sandwich |
Cette diversification est aussi une maniĂšre de mieux rĂ©partir le risque Ă©conomique. Une saison ne se ressemble pas : mĂ©tĂ©o, volumes, maturitĂ©, demandes des clients et coĂ»ts de production Ă©voluent vite. Transformer une partie des lĂ©gumes permet de ne pas dĂ©pendre uniquement de la vente fraĂźche et dâĂ©viter que des fruits parfaitement bons, mais moins attendus visuellement, restent sans dĂ©bouchĂ©.
Pour les chefs, cette gamme ouvre des possibilitĂ©s intĂ©ressantes. Un restaurant peut utiliser le vert frais en saison, rĂ©server la poudre pour lâautomne et proposer la purĂ©e dans une sauce signature. Le produit garde ainsi une cohĂ©rence tout au long de lâannĂ©e. Cette approche rejoint les cuisines qui cherchent Ă valoriser le territoire sans le figer dans trois clichĂ©s. Un lĂ©gume local peut ĂȘtre Ă la fois populaire, prĂ©cis et contemporain.
Ce qui se joue avec Les Piments de Paulette, ce nâest pas seulement la crĂ©ation de bocaux : câest la preuve quâune ferme peut rester fidĂšle Ă son sol tout en inventant de nouvelles maniĂšres de le faire goĂ»ter.
Guindillas et piments de Padron dans les Landes : ouvrir la table sur le Pays basque
Pour ne pas concentrer toute sa production sur une seule variĂ©tĂ©, Cathy Degert a choisi de planter aussi des guindillas et des piments de Padron. Cette diversification Ă©largit les usages culinaires de la ferme et crĂ©e un pont naturel entre la Chalosse et les traditions gourmandes basques. Le Sud-Ouest nâest pas un bloc uniforme : il se nourrit de circulations, de marchĂ©s, de recettes transmises et dâinspirations qui passent les frontiĂšres administratives sans demander la permission.
Les guindillas sont particuliĂšrement connues sous forme de piments doux conservĂ©s au vinaigre. Elles entrent dans la composition de la Gilda, ce pintxo emblĂ©matique oĂč une olive, un anchois et un piment sont rĂ©unis sur une pique. Câest une bouchĂ©e vive, salĂ©e, acidulĂ©e, trĂšs facile Ă aimer lorsquâelle est bien Ă©quilibrĂ©e. Avec les piments cultivĂ©s Ă Sort-en-Chalosse, cette tradition peut trouver une lecture landaise pleine de bon sens.
La plancha, le geste le plus simple pour les piments de Padron
Les piments de Padron se prĂȘtent idĂ©alement Ă une cuisson trĂšs chaude et trĂšs courte. Une poĂȘle en fonte ou une plancha, un filet dâhuile, une pincĂ©e de sel : il nâen faut pas davantage. Les fruits doivent cloquer lĂ©gĂšrement, rester souples et arriver brĂ»lants au centre de la table. Leur intĂ©rĂȘt rĂ©side dans cette simplicitĂ©, entre apĂ©ritif Ă partager et accompagnement de viande, de poisson ou de tortilla.
La rĂšgle populaire dit que certains piments de Padron peuvent surprendre. Câest aussi ce qui crĂ©e le jeu Ă table, mĂȘme si lâintensitĂ© varie selon les variĂ©tĂ©s et les conditions de culture. Dans le cas des piments doux landais de Cathy, lâintention reste diffĂ©rente : mettre en avant le goĂ»t, la fraĂźcheur et la maturitĂ© plutĂŽt quâun dĂ©fi de bravoure. Ă chacun son registre, et câest tant mieux.
Pour organiser un apĂ©ritif inspirĂ© des deux cĂŽtĂ©s de lâAdour, tu peux composer une assiette trĂšs simple : guindillas au vinaigre, olives, anchois, fromage de brebis, pain de campagne et piments de Padron grillĂ©s. Ajoute une purĂ©e douce des Piments de Paulette dans un petit bol, et la table prend immĂ©diatement des airs de marchĂ© du Sud-Ouest. Les idĂ©es dâescapade gourmande au Pays basque prolongent parfaitement cette envie de dĂ©couvertes de proximitĂ©.
Cette ouverture vers dâautres variĂ©tĂ©s ne dĂ©tourne pas Cathy Degert de son piment phare. Au contraire, elle donne davantage de relief Ă son travail. Le vert local, le rouge mĂ»r, le gorria sĂ©chĂ©, la guindilla vinaigrĂ©e et le Padron grillĂ© montrent les multiples visages dâune mĂȘme famille botanique. Ils permettent aussi aux clients de comprendre que le mot piment ne dĂ©crit pas une saveur unique.
Dans une rĂ©gion oĂč producteurs, restaurateurs et habitants cherchent des produits sincĂšres, cette dĂ©marche offre un terrain de jeu formidable. Les professionnels peuvent imaginer une sauce, un condiment ou une assiette de saison ; les particuliers peuvent cuisiner plus simplement, mais avec de meilleurs ingrĂ©dients. Et si tu ne devais retenir quâun geste, ce serait celui-ci : fais griller quelques piments frais, sale-les juste aprĂšs cuisson et goĂ»te avant dâajouter quoi que ce soit. đ¶ïž
Le piment doux des Landes est-il piquant ?
Non. MalgrĂ© son nom, il se consomme comme un lĂ©gume et ne provoque pas de sensation piquante. Sa saveur rappelle celle d’un poivron fin et parfumĂ©.
Pourquoi le piment doux devient-il rouge ?
Le rouge correspond à un stade de maturité plus avancé sur le plant. Le fruit gagne généralement en sucrosité, sans devenir plus fort pour autant.
Comment cuisiner les piments de Padron ?
Fais-les cuire quelques minutes Ă feu vif dans une poĂȘle ou sur une plancha avec un peu d’huile. Sale-les aprĂšs cuisson et sers-les immĂ©diatement.
Ă quoi sert la poudre de piment rouge ?
Elle s’utilise comme un assaisonnement parfumĂ© sur les lĂ©gumes, les Ćufs, les poissons, les sauces ou les viandes grillĂ©es. Ajoute-la progressivement pour garder l’Ă©quilibre du plat.


