Hôtel du Palais à Biarritz : Aleksandre Oliver, le chef pâtissier entre renvoi et renaissance

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À Biarritz, l’histoire d’Aleksandre Oliver dépasse largement le cadre d’un départ de brigade. Chef pâtissier reconnu, arrivé à l’Hôtel du Palais en 2021, il a porté une vision très personnelle du dessert aux côtés du chef Aurélien Largeau. Mais derrière les assiettes millimétrées, le récit s’est assombri : avertissement contesté, mise à pied, alertes sur la charge de travail, puis licenciement disciplinaire annoncé le 28 août 2026.

Le pâtissier dit avoir aimé cette maison et souhaité y rester. Hyatt confirme pour sa part que la collaboration a pris fin, sans communiquer davantage afin de préserver l’intimité des personnes concernées. Entre procédure prud’homale, désaccord sur les faits reprochés et volonté de rebondir, cette séquence raconte aussi une réalité moins glamour de la haute gastronomie : même dans les plus beaux palaces, la créativité n’efface jamais les enjeux humains.

Peu de temps ? VoilĂ  ce qu’il faut retenir : Ce que cela implique
✅ Le contrat d’Aleksandre Oliver a pris fin le 28 août 2026 Hyatt a confirmé la fin de la collaboration, sans détailler les circonstances.
⚖️ Une procédure est engagée aux prud’hommes de Bayonne Le chef conteste la mise à pied initiale et entend joindre le dossier du licenciement à l’audience prévue le 4 décembre 2026.
🍰 Le litige ne gomme pas son parcours créatif Son travail à Biarritz a marqué la pâtisserie contemporaine du palace et nourri une vraie identité sucrée.
🌊 La suite se joue aussi hors du Palais Ce départ peut ouvrir une période de reconstruction professionnelle, sans effacer les questions soulevées sur les conditions de travail.

Aleksandre Oliver à l’Hôtel du Palais de Biarritz : un pâtissier qui a bousculé les codes

Avant le conflit, il y a une signature. Aleksandre Oliver est de ces chefs pâtissiers qui ne conçoivent pas le dessert comme une simple dernière étape du repas. À l’Hôtel du Palais à Biarritz, il a défendu une pâtisserie de contraste, sensible, parfois volontairement déroutante, toujours pensée comme un échange avec la cuisine. L’enjeu n’était pas d’empiler les effets visuels : il s’agissait de donner une vraie place au sucré dans l’expérience gastronomique d’un palace face à l’Atlantique.

Son arrivée, en février 2021, coïncidait avec le renouveau d’une adresse mythique de la côte basque. Dans ce décor chargé d’histoire, la pression est forte : les clients attendent une forme d’excellence immédiate, les équipes doivent tenir le niveau de service d’un hôtel cinq étoiles, et chaque assiette est observée. À La Rotonde, son duo avec Aurélien Largeau a été souvent présenté comme l’une des forces de la table. Le chef cuisinier et le chef pâtissier partageaient une envie de précision, mais aussi de liberté.

Cette liberté se lit dans une approche qui refuse le dessert trop sage. Un agrume peut devenir le fil conducteur d’une assiette, avec son acidité, son amertume, sa fraîcheur et ses différentes textures. Une crème légère, un biscuit plus brut, une glace moins sucrée ou une infusion végétale peuvent raconter un territoire bien mieux qu’une décoration surchargée. Pour toi qui aimes suivre les chefs, c’est un bon rappel : la haute pâtisserie la plus juste ne repose pas seulement sur la technicité. Elle dépend aussi de la capacité à faire émerger une émotion nette.

Le parcours d’Aleksandre Oliver aide à comprendre cette énergie. Issu d’une famille liée à la cuisine, arrière-petit-fils de Raymond Oliver, il n’a pas choisi la pâtisserie par automatisme. Son itinéraire passe par une envie première de création et par des expériences qui l’ont progressivement conduit vers le laboratoire. Cette construction moins linéaire explique peut-être sa façon d’assumer une place d’« électron libre », loin de l’image d’un pâtissier enfermé dans le seul rôle du finisseur.

Dans un établissement comme l’Hôtel du Palais, ce tempérament peut être une force considérable. Le dessert doit répondre à plusieurs exigences à la fois : être régulier pour un grand nombre de couverts, respecter la saison, dialoguer avec l’offre salée, rester lisible pour une clientèle internationale et porter une identité propre. C’est une équation qui ne laisse pas beaucoup d’espace à l’improvisation. Pourtant, c’est précisément dans ce cadre très codifié que le chef a semblé chercher sa marge de jeu.

  • 🍋 Travailler le produit avant l’apparence : un fruit, une herbe ou un lait bien choisis donnent souvent plus de relief qu’un dĂ©cor spectaculaire.
  • 🥄 CrĂ©er un lien avec le repas : un dessert cohĂ©rent reprend parfois une note vĂ©gĂ©tale, iodĂ©e ou fruitĂ©e dĂ©jĂ  aperçue dans les plats.
  • 🌿 Garder le sucre Ă  sa juste place : la gourmandise peut venir du gras, de la torrĂ©faction, de l’aciditĂ© ou du croustillant, pas uniquement du sucre.
  • 🤝 Faire circuler les idĂ©es entre les postes : une brigade solide ne fonctionne pas en silos, surtout dans une table gastronomique.

Cette manière de penser rejoint les portraits de pâtissiers que le Sud-Ouest sait faire émerger. La scène régionale ne manque pas de talents qui mêlent héritage, audace et rigueur, à l’image du parcours raconté autour d’Amaury Lafonta à La Rochelle. Ces itinéraires montrent qu’un chef ne se résume jamais à un poste prestigieux : il se construit à travers des rencontres, des gestes répétés et une vision qu’il affine avec le temps.

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À Biarritz, l’attachement d’Aleksandre Oliver au Palais est d’ailleurs central dans son propre récit. Il affirme avoir été fier d’y travailler et regretter de n’avoir pu y poursuivre son aventure. Cette phrase compte, car elle empêche de réduire l’affaire à une opposition abstraite entre un salarié et une grande maison. Elle révèle plutôt le choc entre une ambition professionnelle très investie et une relation de travail devenue impossible. La création pâtissière a besoin d’exigence ; elle ne devrait jamais exiger de s’oublier soi-même.

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Le renvoi d’Aleksandre Oliver : comprendre la chronologie du conflit au Palais

Le départ d’un chef pâtissier d’un palace peut sembler, vu de l’extérieur, n’être qu’un mouvement de carrière. Ici, les éléments rendus publics dessinent une séquence bien plus tendue. Aleksandre Oliver explique que sa situation s’est dégradée sur une longue période, jusqu’à devenir, selon ses mots, une mise à l’écart progressive. La direction de Hyatt a simplement confirmé que la collaboration avec le chef avait pris fin le 28 août 2026, indiquant ne pas pouvoir aller plus loin dans ses commentaires.

La chronologie évoquée par le pâtissier commence avec un avertissement reçu en juillet 2025, qu’il affirme avoir contesté. Six mois plus tard, en décembre 2025, il reçoit une convocation à un entretien préalable à un licenciement. La procédure évoque alors une faute grave. Selon lui, l’échange fait ressortir des reproches qu’il juge incohérents, notamment parce que certains faits auraient été datés de périodes où il n’était pas présent. Il évoque aussi des congés de fin d’année qu’il estime avoir pris sous contrainte.

À ce stade, la procédure ne débouche pas sur un licenciement pour faute grave. Elle se solde par une mise à pied de cinq jours. Cette nuance est importante. En droit du travail, la faute grave suppose que le maintien du salarié dans l’entreprise soit impossible, y compris pendant un préavis. La faute simple, retenue ensuite lors du licenciement d’août, relève d’un niveau différent : elle peut justifier une rupture du contrat selon l’employeur, mais elle n’a pas les mêmes conséquences qu’une faute grave pour le salarié.

Il faut rester précis : la qualification utilisée par une entreprise ne constitue pas à elle seule une vérité définitive. Elle peut être discutée devant le conseil de prud’hommes. C’est exactement le choix fait par Aleksandre Oliver, accompagné par son avocate, Maître Mathilde Mounic. Une requête a d’abord été déposée auprès du conseil de prud’hommes de Bayonne pour contester la mise à pied. L’audience est annoncée pour le 4 décembre 2026. Après le licenciement, l’avocate prévoit de demander que le nouveau dossier soit joint à cette procédure.

Pour les professionnels de la restauration comme pour les salariés qui suivent cette affaire, cette chronologie rappelle un réflexe indispensable : conserver les traces. Une convocation, un planning, une demande de congés, un échange écrit ou un arrêt de travail peuvent prendre une place déterminante lorsqu’une relation se dégrade. Il ne s’agit pas de vivre dans la défiance permanente. Mais dans des métiers où l’oral, l’urgence et le coup de feu structurent le quotidien, l’écrit protège tout le monde.

Pourquoi les mots employés dans une procédure comptent autant

Le vocabulaire juridique semble froid, presque déconnecté de la réalité d’une brigade. Pourtant, il conditionne concrètement la suite : indemnités, préavis, droit de contester, dossier de carrière et équilibre personnel. Dans cette affaire, le passage d’un projet de licenciement pour faute grave à une mise à pied, puis à un licenciement disciplinaire pour faute simple, montre que la situation a évolué au fil des échanges. Cela ne permet pas de présumer de l’issue prud’homale, mais cela impose de ne pas simplifier les faits.

Le chef conteste les griefs qui lui sont reprochés. Son avocate les replace dans un contexte plus global, celui d’alertes répétées sur la charge de travail et de dénonciations de faits assimilés, selon elle, à du harcèlement moral. De son côté, Hyatt ne détaille pas sa position. Cette asymétrie de parole est fréquente dans les conflits professionnels : l’employeur peut invoquer la confidentialité, tandis que le salarié choisit de raconter son expérience. Le lecteur doit donc distinguer clairement les faits confirmés, les déclarations des parties et ce qui reste à être apprécié par la justice.

La bonne grille de lecture tient en quelques repères simples :

  1. 📅 Regarder les dates : elles permettent de vérifier l’enchaînement entre alertes, sanctions et rupture du contrat.
  2. ⚖️ Identifier la source de chaque affirmation : déclaration du chef, analyse de son avocate ou confirmation institutionnelle n’ont pas le même statut.
  3. 🧾 Éviter les conclusions hâtives : la procédure prud’homale est précisément le lieu où les pièces et arguments seront examinés.
  4. 👥 Ne pas effacer l’humain : derrière les termes juridiques, il y a une équipe, une réputation et une santé au travail à préserver.

Ce dossier fait ainsi sortir la pâtisserie des vitrines et des réseaux sociaux pour la replacer dans sa réalité professionnelle. Les grandes maisons fascinent à juste titre, mais elles sont aussi des employeurs soumis aux mêmes obligations de respect, d’organisation et de dialogue que toute entreprise. Quand le cadre de travail se fissure, même le plus beau des palaces ne peut pas faire disparaître le problème.

Conditions de travail en pâtisserie de palace : ce que le cas Aleksandre Oliver met en lumière

Le récit d’Aleksandre Oliver ne porte pas seulement sur une sanction ou une rupture de contrat. Il pose frontalement la question des conditions de travail dans la restauration haut de gamme. Le chef explique avoir subi une réduction des effectifs depuis son arrivée, des cadences soutenues et, en haute saison, des rythmes allant jusqu’à sept jours sur sept. Il indique également avoir eu des difficultés à poser ses congés. Ces éléments sont contestés dans le cadre du conflit, mais ils font écho à une réalité connue par beaucoup de brigades.

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Dans un hôtel de luxe, le niveau d’exigence est continu. Le petit-déjeuner doit être irréprochable, le tea time demande une production précise, le restaurant gastronomique attend ses créations, les événements privés réclament parfois des volumes importants et le room service ne dort presque jamais vraiment. La pâtisserie est présente partout. Elle doit être belle, régulière, rentable et disponible. Il suffit qu’un poste ne soit pas remplacé ou qu’un planning soit tendu pour que l’équilibre d’une équipe bascule très vite.

La difficulté ne réside pas dans l’intensité ponctuelle. Une saison estivale à Biarritz est naturellement dense, et beaucoup de professionnels choisissent ce métier parce qu’ils aiment le mouvement, l’adrénaline du service et la fierté du travail bien fait. Le problème apparaît lorsque l’exception devient la norme : journées longues, repos insuffisant, congés repoussés, transmission des consignes confuse, sentiment de devoir compenser en permanence. À ce moment-là, la passion peut devenir un levier dangereux, parce qu’elle pousse les plus engagés à tenir au-delà du raisonnable.

Le chef dit lui-même que son équipe et l’amour du métier ont longtemps été ses moteurs. C’est une phrase que l’on entend souvent chez les cuisiniers, pâtissiers, serveurs et artisans. Elle mérite d’être entendue sans romantiser l’épuisement. Aimer son poste n’oblige pas à accepter une organisation défaillante. Au contraire : plus le niveau de création demandé est haut, plus la maison doit protéger les conditions qui rendent ce niveau possible. Un dessert précis ne naît pas d’un laboratoire constamment sous tension ; il naît d’une équipe correctement dimensionnée et respectée.

Les signaux à prendre au sérieux dans une brigade

Pour rendre cela concret, imaginons une équipe pâtisserie de six personnes prévue pour couvrir la saison. Si deux postes ne sont pas durablement pourvus, les quatre professionnels restants peuvent absorber l’urgence pendant quelques jours. Mais sur plusieurs semaines, ils doivent produire autant, transmettre moins, prendre moins de recul et risquent davantage les erreurs. Le problème n’est pas le manque de courage : c’est le manque de capacité. Dans une cuisine, comme dans tout atelier artisanal, la qualité s’appuie sur du temps humain.

Voici des signaux qui doivent alerter un responsable, un salarié ou même un jeune apprenti qui découvre le métier :

  • ⏰ Les repos deviennent alĂ©atoires et l’équipe s’habitue Ă  considĂ©rer cela comme normal.
  • 📆 Les congĂ©s sont systĂ©matiquement diffĂ©rĂ©s, sans solution claire ni calendrier de rĂ©gularisation.
  • 🔥 Les mĂŞmes personnes absorbent tous les imprĂ©vus, jusqu’à perdre leurs propres missions de crĂ©ation ou d’encadrement.
  • đź’¬ Les alertes restent sans rĂ©ponse formalisĂ©e, ou reviennent sans cesse parce que rien ne change sur le terrain.
  • đź§  La fatigue modifie les relations : irritabilitĂ©, isolement, erreurs rĂ©pĂ©tĂ©es ou perte de confiance sont rarement anodins.

Un établissement sérieux a des leviers : renforts saisonniers préparés suffisamment tôt, suivi des heures, remplacements, entretiens réguliers, clarification des responsabilités et accès réel aux représentants du personnel ou à la médecine du travail. Ces outils paraissent administratifs, mais ils ont un effet très concret sur une ganache réussie, un service fluide et une équipe qui reste dans la durée.

Pour le public, cette affaire invite aussi à regarder autrement les métiers de bouche. Soutenir la gastronomie locale, ce n’est pas seulement réserver une table ou applaudir un prix. C’est souhaiter que les talents puissent travailler dans un cadre digne. Les beaux discours sur le terroir, les circuits courts et la créativité ont besoin d’être accompagnés par des pratiques managériales solides. La qualité d’une maison se mesure autant à la façon dont elle traite ses équipes qu’à la finesse de ses desserts.

La renaissance d’un chef pâtissier après le Palais : transformer l’épreuve en nouveau projet

Le mot « renaissance » ne doit pas servir à enjoliver un licenciement. Une rupture professionnelle, surtout lorsqu’elle est contestée, peut laisser de la colère, de la fatigue et un sentiment profond d’injustice. Aleksandre Oliver décrit un attachement réel à l’Hôtel du Palais, et son avocate estime que la succession des événements a porté atteinte à son intégrité, à sa dignité et à son identité professionnelle. Cette dimension mérite mieux qu’une formule de rebond automatique.

Pourtant, une carrière de chef ne s’arrête pas à la porte d’un établissement, aussi emblématique soit-il. La pâtisserie contemporaine offre aujourd’hui plusieurs voies : rejoindre une autre brigade, créer un laboratoire de conseil, signer des collaborations ponctuelles, développer une offre de boutique, transmettre, concevoir des desserts pour l’hôtellerie ou travailler avec des producteurs. La force d’un profil comme celui d’Aleksandre Oliver tient justement à sa capacité à construire un langage culinaire identifiable, au-delà d’une adresse donnée.

À Biarritz et dans les Landes, le terrain s’y prête. Le bassin basque, Capbreton, Hossegor, Bayonne et les villages de l’arrière-pays accueillent une clientèle attentive aux produits, aux saisons et aux histoires sincères. Il existe de la place pour une pâtisserie moins standardisée, qui mettrait en avant les agrumes, le miel, le lait fermier, les fruits d’été, les céréales ou le chocolat travaillé avec finesse. Ce n’est pas une promesse de facilité : lancer ou réinventer un projet demande des moyens, une équipe et une stratégie. Mais l’ancrage territorial peut devenir une vraie ressource.

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La trajectoire de Nina Métayer illustre, à sa manière, la capacité d’une pâtissière à faire rayonner un univers très personnel tout en développant des projets ambitieux. Son ouverture vers l’international, évoquée dans cet article sur Nina Métayer et le marché japonais, rappelle que la création française voyage lorsqu’elle garde une identité lisible. Pour un chef, la reconnaissance ne naît pas uniquement d’un poste. Elle vient aussi de la cohérence entre une vision, des produits et une manière de la partager.

Repartir sans effacer ce qui a été vécu

Une reconstruction professionnelle saine commence par un tri honnête. Qu’est-ce qui a fonctionné ? Qu’est-ce qui ne doit plus être accepté ? Quelles conditions sont non négociables pour la prochaine aventure ? Ces questions concernent autant les chefs reconnus que les jeunes commis. Elles évitent de reproduire le même schéma simplement parce qu’une opportunité porte un nom prestigieux.

Dans le cas d’un pâtissier créatif, un projet de renaissance peut prendre plusieurs formes. Il peut s’agir d’une carte courte conçue pour un restaurant de produits, d’un tea time de saison dans un hôtel indépendant, d’une collection de bûches pensée avec des artisans locaux ou d’ateliers destinés à transmettre des techniques accessibles. Ce qui compte est de préserver le geste. Une mousse aérienne, un biscuit bien cuit ou un sorbet d’une précision folle peuvent rester de la haute pâtisserie sans être réservés à un décor intimidant.

Pour imaginer un projet durable, quelques choix font souvent la différence :

  1. 🌾 Définir un territoire gourmand clair : pas besoin de tout utiliser ; mieux vaut quelques producteurs connus et des saisons respectées.
  2. 📊 Construire une offre viable : le prix de vente, le temps de production et le coût matière doivent dialoguer dès le départ.
  3. 👩‍🍳 Former une équipe à taille humaine : déléguer, transmettre et prévoir les repos évitent que le projet repose sur une seule personne.
  4. 📣 Raconter sans surjouer : une histoire vraie, un dessert bon et une adresse facile à comprendre restent les meilleurs ambassadeurs.

Il y a aussi une leçon pour les maisons qui recrutent. Un chef pâtissier ne vient pas seulement fournir des desserts : il amène une méthode, un réseau, une exigence et une capacité à fédérer. Lui donner les moyens d’exercer son métier, c’est protéger une partie de l’identité de l’établissement. La renaissance la plus crédible n’efface pas l’épreuve : elle transforme l’expérience acquise en ligne de conduite plus nette.

Hôtel du Palais Biarritz et justice prud’homale : suivre l’affaire avec rigueur et respect

Le dossier d’Aleksandre Oliver appelle une attention particulière, car il mêle notoriété, droit du travail et réputation d’un établissement historique. Dans ce type d’affaire, le réflexe le plus utile consiste à refuser deux excès : le silence qui banalise toute alerte, et le verdict immédiat rendu sur les réseaux sociaux. Le chef a choisi de s’exprimer. Son avocate a présenté une lecture juridique des faits. Hyatt a confirmé la fin de la relation contractuelle, tout en limitant ses commentaires. La suite appartient désormais aussi à la justice.

La procédure annoncée devant le conseil de prud’hommes de Bayonne doit examiner la contestation de la mise à pied de cinq jours, avec une demande de jonction du dossier lié au licenciement disciplinaire. Cela signifie que les arguments, les documents et les circonstances seront confrontés dans un cadre contradictoire. Ce moment est essentiel. Il permet de sortir des impressions, des réputations et des récits fragmentaires pour se concentrer sur les éléments qui peuvent être vérifiés.

Le chef affirme avoir alerté à de nombreuses reprises sur ses conditions de travail. Son avocate estime que ces alertes ont été suivies d’agissements répétés conduisant à son isolement, puis à une enquête interne et au licenciement. Ces affirmations sont au cœur de la contestation engagée. Elles ne doivent pas être présentées comme une décision de justice déjà rendue. Elles doivent en revanche être prises au sérieux, car elles interrogent la manière dont une organisation répond aux difficultés exprimées par un salarié.

Pour les restaurateurs, cette affaire fournit une occasion de regarder ses propres pratiques sans attendre qu’un conflit éclate. Les entretiens ne doivent pas servir uniquement à rappeler les objectifs commerciaux. Ils peuvent permettre d’identifier un sous-effectif, un planning impossible ou une tension entre deux postes. Un responsable qui entend une alerte a intérêt à la consigner, à répondre et à agir. Ce n’est pas de la bureaucratie : c’est une manière d’éviter que les non-dits s’accumulent jusqu’à devenir ingérables.

Ce que les équipes et les clients peuvent retenir sans céder au sensationnel

Les équipes ont besoin de repères simples. Un salarié confronté à une sanction ou à une dégradation de son quotidien peut demander conseil à un avocat, à un syndicat, aux représentants du personnel ou aux organismes compétents. Il peut aussi réunir les documents utiles, noter les faits datés et chercher du soutien avant de se retrouver isolé. Agir tôt ne garantit pas une issue rapide, mais cela permet de ne pas subir la situation seul.

Les clients, eux, peuvent continuer à aimer les grandes tables tout en restant attentifs aux réalités derrière le décor. L’hospitalité ne se limite pas au sourire de salle et au dessert servi à la bonne température. Elle se construit en cuisine, au plonge, en pâtisserie, à la réception et dans les bureaux. Un hôtel prestigieux est une addition de métiers. Sa réputation est donc indissociable de la capacité de ses équipes à travailler avec clarté et respect.

Cette vigilance n’enlève rien à l’admiration que peut susciter l’Hôtel du Palais, ni au talent d’Aleksandre Oliver. Elle remet simplement chaque chose à sa place. Le palace reste une institution biarrote ; le chef demeure un professionnel dont le parcours a compté dans sa pâtisserie récente ; le différend doit suivre son cours avec sérieux. Dans une époque où tout va très vite, cette nuance est précieuse.

Le meilleur réflexe à garder, que tu sois gourmand, professionnel ou simple curieux de la scène basque, tient en une phrase : applaudir la créativité, oui, mais ne jamais détourner le regard des conditions qui la rendent possible.

Pourquoi Aleksandre Oliver a-t-il quitté l’Hôtel du Palais à Biarritz ?

Hyatt a confirmé que sa collaboration avec le chef pâtissier a pris fin le 28 août 2026. Aleksandre Oliver conteste les circonstances de son licenciement disciplinaire et une procédure est engagée devant le conseil de prud’hommes de Bayonne.

Quelle est la différence entre faute simple et faute grave ?

La faute grave suppose que le salarié ne puisse pas rester dans l’entreprise, y compris durant le préavis. La faute simple peut justifier un licenciement disciplinaire, mais ses conséquences sont généralement moins sévères pour le salarié.

Quand l’affaire Aleksandre Oliver doit-elle être examinée ?

L’audience concernant la contestation de la mise à pied est annoncée au 4 décembre 2026 devant le conseil de prud’hommes de Bayonne. Son avocate prévoit de demander que le dossier lié au licenciement soit joint à cette procédure.

Quel rôle Aleksandre Oliver a-t-il eu à l’Hôtel du Palais ?

Arrivé en 2021 comme chef pâtissier, il a développé une pâtisserie contemporaine au sein du palace biarrot, notamment dans le cadre de son travail avec le chef Aurélien Largeau à La Rotonde.

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