La bouillie bordelaise reste un grand classique des potagers français, surtout lorsque les Ă©pisodes humides sâinstallent et que le mildiou menace les tomates. Ce traitement Ă base de cuivre peut rendre service, mais il demande un geste prĂ©cis : il ne remplace ni un arrosage au pied, ni une serre bien ouverte, ni lâobservation rĂ©guliĂšre du feuillage. Une tomate qui sĂšche vite aprĂšs la pluie et qui pousse dans un sol vivant rĂ©siste dĂ©jĂ beaucoup mieux.
Le bon rĂ©flexe consiste Ă utiliser ce produit comme une protection ponctuelle, avant que la maladie ne prenne de lâampleur, et non comme une routine hebdomadaire. Dosage, mĂ©tĂ©o, stade de la rĂ©colte, prĂ©sence de fleurs : chaque dĂ©tail compte. Avec quelques repĂšres simples, il devient possible de protĂ©ger ses plants sans bleuir tout le potager ni accumuler inutilement du cuivre dans la terre. đ
| Peu de temps ? VoilĂ ce quâil faut retenir : | RepĂšre pratique pour les tomates |
|---|---|
| â Dosage prĂ©ventif | 10 g de bouillie bordelaise par litre dâeau suffisent gĂ©nĂ©ralement sur des plants sains exposĂ©s Ă une pĂ©riode humide. |
| â FrĂ©quence raisonnĂ©e | Un passage tous les 15 jours environ peut ĂȘtre envisagĂ© seulement lorsque le risque de mildiou est rĂ©el. |
| â ïž Pluie importante | AprĂšs environ 20 mm de pluie, le dĂ©pĂŽt protecteur peut ĂȘtre en partie lessivĂ© : observer, attendre le sĂ©chage, puis dĂ©cider. |
| đ RĂ©colte proche | PrĂ©voir un arrĂȘt dâau moins 21 jours avant la cueillette, sauf indication diffĂ©rente figurant sur lâĂ©tiquette du produit. |
| đ± PrioritĂ© durable | Paillage, circulation de lâair et arrosage au pied rĂ©duisent concrĂštement le besoin de cuivre. |
Dosage de bouillie bordelaise pour tomates : protéger sans surcharger le feuillage
Sur une tomate, le dosage ne se fait jamais au hasard. Ses grandes feuilles fines captent trĂšs facilement le produit, mais elles peuvent aussi souffrir dâune prĂ©paration trop concentrĂ©e. Un mĂ©lange excessif laisse parfois des marques brunĂątres sur les bordures, ralentit les jeunes pousses et augmente surtout la quantitĂ© de cuivre dĂ©posĂ©e dans le sol. Ce nâest ni utile pour la plante ni souhaitable pour le potager.
Pour une prĂ©vention sur des pieds sains, 10 g de poudre par litre dâeau constituent un repĂšre prudent. Cette quantitĂ© convient Ă des tomates en pleine terre, en bac profond ou sous un abri ouvert sur les cĂŽtĂ©s. Lâobjectif nâest pas dâobtenir un feuillage bleu vif : le bon rĂ©sultat ressemble Ă un voile discret, rĂ©parti rĂ©guliĂšrement sur les zones exposĂ©es.
Adapter la concentration au vrai niveau de risque de mildiou
La bouillie bordelaise agit par contact. Elle ne circule pas dans les tissus de la plante et ne rĂ©pare pas une feuille dĂ©jĂ envahie par le mildiou. Elle crĂ©e plutĂŽt une barriĂšre de surface qui limite la germination des spores. VoilĂ pourquoi elle est surtout intĂ©ressante avant une longue sĂ©quence humide ou dĂšs lâapparition de symptĂŽmes trĂšs localisĂ©s.
Lorsque quelques taches brun-vert, irrĂ©guliĂšres et humides apparaissent sur le bas du plant, il faut commencer par retirer les feuilles manifestement atteintes. Si lâĂ©tiquette de la formulation le prĂ©voit, un dosage entre 12 et 15 g/L peut ĂȘtre envisagĂ© dans ce cas prĂ©cis. Monter davantage nâest pas une preuve dâefficacitĂ© : câest souvent une mauvaise rĂ©ponse Ă une maladie qui demande surtout rapiditĂ©, tri des parties touchĂ©es et amĂ©lioration de lâaĂ©ration.
Les indications varient selon les produits disponibles en jardinerie. La teneur en cuivre mĂ©tal, les usages autorisĂ©s et les limites dâemploi ne sont pas forcĂ©ment identiques dâune marque Ă lâautre. LâĂ©tiquette du sachet ou de la boĂźte reste donc la rĂ©fĂ©rence Ă suivre. Pour prĂ©parer des volumes adaptĂ©s Ă la taille du jardin, le tableau de dosage de la bouillie bordelaise permet dâĂ©viter les calculs approximatifs.
Préparer un mélange homogÚne, sans cuillÚre hasardeuse
Une balance de cuisine rĂ©servĂ©e au jardin est beaucoup plus fiable quâune cuillĂšre. La finesse de la poudre change selon les formulations et une cuillĂšre bombĂ©e peut faire varier le poids de façon importante. Pour cinq litres de prĂ©paration prĂ©ventive, il faut donc peser 50 g de poudre, pas estimer la quantitĂ© Ă lâĆil.
- đ§€ Mettre des gants impermĂ©ables, des lunettes fermĂ©es et un masque anti-poussiĂšre avant dâouvrir le contenant.
- âïž Peser la poudre en fonction du volume rĂ©ellement nĂ©cessaire.
- đ§ DĂ©layer dâabord le produit dans un petit volume dâeau, environ 200 ml, dans un rĂ©cipient en plastique ou en verre.
- đ„ MĂ©langer jusquâĂ obtenir une prĂ©paration sans amas visibles.
- đż ComplĂ©ter avec de lâeau froide dans le pulvĂ©risateur, puis secouer doucement avant de commencer.
- â»ïž Utiliser la prĂ©paration le jour mĂȘme, sans stocker le reste pour une prochaine sĂ©ance.
Les ustensiles mĂ©talliques sont Ă Ă©viter, car le cuivre peut rĂ©agir avec certains mĂ©taux. Un petit filtre placĂ© dans lâentonnoir aide aussi Ă empĂȘcher les particules de bloquer la buse. Une pulvĂ©risation irrĂ©guliĂšre pousse souvent Ă repasser au mĂȘme endroit, avec au final beaucoup trop de produit sur quelques feuilles seulement.
Dans le jardin de Lucie, huit plants Ă©taient installĂ©s contre un mur clair, dans une zone chaude mais peu ventilĂ©e. AprĂšs trois jours de pluie, elle a doublĂ© la dose « pour ĂȘtre tranquille ». Les jeunes feuilles ont bruni sur les bords, sans que le mildiou soit prĂ©sent. LâĂ©tĂ© suivant, elle a espacĂ© ses plantations, paillĂ© le sol et conservĂ© le dosage de 10 g/L uniquement avant les pĂ©riodes vraiment humides. Le feuillage est restĂ© plus net, avec moins de passages au pulvĂ©risateur. Une dose prĂ©cise protĂšge mieux quâune dose renforcĂ©e.

Fréquence idéale de bouillie bordelaise sur tomate selon la météo
La frĂ©quence de traitement ne devrait jamais ĂȘtre dictĂ©e par un calendrier rigide. Le mildiou se dĂ©veloppe surtout lorsque lâhumiditĂ© persiste, que les tempĂ©ratures restent douces et que le feuillage peine Ă sĂ©cher. Ă lâinverse, une sĂ©rie de journĂ©es chaudes, sĂšches et ventilĂ©es nâimpose pas de pulvĂ©risation « au cas oĂč ». Pourquoi traiter un risque qui nâexiste pas encore ?
AprĂšs la plantation, il est prĂ©fĂ©rable de laisser les jeunes tomates sâenraciner pendant deux Ă trois semaines. Un plant fraĂźchement repiquĂ© doit dâabord reprendre sa croissance. Dans une parcelle ensoleillĂ©e, paillĂ©e et correctement espacĂ©e, la premiĂšre application peut attendre lâannonce dâune vraie pĂ©riode pluvieuse ou dâune succession de nuits douces avec brouillards matinaux.
Un rythme de quinze jours seulement quand les conditions lâexigent
En prĂ©vention, avec une dilution Ă 10 g/L, un intervalle dâenviron 15 jours est un repĂšre raisonnable pendant une phase humide Ă risque. Ce rythme nâest pas une obligation. Sous un auvent ouvert, dans une serre bien ventilĂ©e ou dans un potager trĂšs exposĂ© au vent, le feuillage reste souvent sec et les applications peuvent ĂȘtre plus espacĂ©es.
Une pluie abondante, autour de 20 mm ou plus, peut enlever une part notable de la protection dĂ©posĂ©e sur les feuilles. Il ne faut pourtant pas ressortir le pulvĂ©risateur dĂšs que les gouttes sâarrĂȘtent. Attends que la vĂ©gĂ©tation soit sĂšche, regarde les prĂ©visions sur les 24 Ă 48 heures suivantes, puis inspecte les pieds. Une nouvelle averse annoncĂ©e pour le lendemain rendrait lâintervention inutile : le produit finirait au sol avant dâavoir jouĂ© son rĂŽle.
| Situation observée | Décision adaptée | RepÚre utile |
|---|---|---|
| âïž Temps sec, feuilles saines | Ne pas traiter automatiquement | Maintenir lâaĂ©ration et surveiller les feuilles basses. |
| đŠïž HumiditĂ© durable, vĂ©gĂ©tation saine | PrĂ©vention mesurĂ©e | 10 g/L, environ tous les 15 jours si nĂ©cessaire. |
| đ§ïž Forte pluie aprĂšs traitement | Réévaluer aprĂšs sĂ©chage | Renouveler uniquement si le risque mĂ©tĂ©o se prolonge. |
| đ PremiĂšres taches Ă©vocatrices | Retirer les parties touchĂ©es | Suivre lâĂ©tiquette, souvent jusquâĂ 12 Ă 15 g/L maximum. |
| đ Fruits Ă cueillir bientĂŽt | ArrĂȘter les applications | Respecter un dĂ©lai prudent dâau moins 21 jours. |
Choisir le créneau qui protÚge les tomates et le jardinier
Le matin, aprĂšs disparition complĂšte de la rosĂ©e, ou la fin dâaprĂšs-midi sont les meilleurs moments. Le feuillage doit ĂȘtre sec et la tempĂ©rature idĂ©alement comprise entre 10 et 25 °C. En plein soleil, les gouttelettes et la chaleur peuvent accentuer le stress des feuilles. Par grand vent, le brouillard de pulvĂ©risation se disperse vers les aromatiques, les fleurs ou la terrasse : mieux vaut reporter.
Un carnet de potager est Ă©tonnamment efficace pour ne pas traiter trop souvent. Il suffit de noter la date, la mĂ©tĂ©o, le dosage utilisĂ© et lâĂ©tat du feuillage. Ă la fin de la saison, ce suivi montre frĂ©quemment que les interventions utiles ont Ă©tĂ© rares, mais bien placĂ©es. Cette observation transforme le jardinage en pratique plus sereine et moins automatique.
Il faut aussi apprendre Ă diffĂ©rencier les problĂšmes. Une poudre blanche Ă©voque davantage lâoĂŻdium, tandis quâun jaunissement uniforme peut venir dâun excĂšs dâeau, dâun manque de nutriments ou dâun substrat Ă©puisĂ©. Pour affiner le diagnostic avant de prĂ©parer une solution, ce guide sur la bouillie bordelaise pour tomate rappelle les gestes essentiels et les erreurs Ă Ă©viter. La frĂ©quence juste suit la mĂ©tĂ©o et les symptĂŽmes, pas les habitudes.
Application de bouillie bordelaise sur tomates : un geste ciblé et propre
Le produit nâagit correctement que sâil est appliquĂ© avec rĂ©gularitĂ©. Une pulvĂ©risation qui dĂ©gouline ne protĂšge pas mieux : elle gaspille la prĂ©paration, tache les fruits et fait descendre le cuivre vers le sol. Il faut viser un dĂ©pĂŽt fin et uniforme, presque mat, plutĂŽt quâune couche Ă©paisse et bleutĂ©e.
Un pulvĂ©risateur propre, une buse rĂ©glĂ©e sur une brume fine et une distance de 30 Ă 50 centimĂštres donnent dĂ©jĂ un rĂ©sultat bien plus homogĂšne. Le plant doit ĂȘtre couvert sans ĂȘtre trempĂ©. Avant de commencer, il est utile de vĂ©rifier la buse avec de lâeau claire, loin des plantations, afin dâĂ©viter les projections irrĂ©guliĂšres.
Commencer par les zones les plus exposées au mildiou
Les feuilles basses reçoivent les Ă©claboussures du sol pendant les averses. Elles mĂ©ritent donc une attention particuliĂšre. Il faut ensuite remonter doucement le long des tiges et viser aussi lâenvers du feuillage, lĂ oĂč lâhumiditĂ© peut sâattarder. La bouillie bordelaise est un fongicide de contact : une zone non couverte ne bĂ©nĂ©ficie pas de la protection.
Les fleurs ouvertes ne sont pas une cible. Pendant la floraison, mieux vaut sâabstenir afin de ne pas perturber les abeilles, bourdons et syrphes qui visitent les plants. Les fruits dĂ©jĂ bien formĂ©s nâont pas besoin dâĂȘtre saturĂ©s non plus. Si une application est rĂ©ellement nĂ©cessaire avant la pĂ©riode de rĂ©colte, elle doit rester lĂ©gĂšre, ciblĂ©e et compatible avec le dĂ©lai avant cueillette indiquĂ© sur lâemballage.
Réduire les éclaboussures avant de sortir le pulvérisateur
Le paillage est lâun des alliĂ©s les plus simples du potager. Une couche de paille propre, de feuilles sĂšches ou de tontes bien sĂ©chĂ©es limite la remontĂ©e de terre sur le bas des tomates. Or les spores de maladies peuvent ĂȘtre prĂ©sentes sur le sol ou dans les dĂ©bris vĂ©gĂ©taux. En limitant les projections, tu rĂ©duis une porte dâentrĂ©e majeure sans verser un gramme de cuivre.
Lâespacement entre les plants joue le mĂȘme rĂŽle. Deux pieds qui se touchent forment une masse de feuillage humide oĂč lâair circule mal. Des tuteurs solides, des liens souples et la suppression des feuilles qui traĂźnent au sol aident Ă garder la base plus saine. Il ne sâagit pas de dĂ©nuder la tomate : les feuilles nourrissent les fruits et les protĂšgent du soleil. Il faut simplement retirer ce qui est abĂźmĂ©, tachĂ© ou inutilement collĂ© au terrain.
- đ§ Arroser au pied, de prĂ©fĂ©rence le matin, sans mouiller la masse de feuilles.
- đż Garder les tomates et les pommes de terre Ă bonne distance, car elles partagent le risque de mildiou.
- âïž Nettoyer les outils de taille avant de passer dâun plant Ă lâautre.
- đïž Mettre les feuilles trĂšs malades dans un sac destinĂ© aux dĂ©chets verts, plutĂŽt que dans le compost domestique.
- đŹïž Ouvrir les serres et abris dĂšs que les conditions le permettent.
Dans un petit potager rectangulaire, lâorganisation de lâespace change beaucoup de choses. PrĂ©voir des passages accessibles Ă©vite de froisser les plants et facilite lâinspection du feuillage. Un plan de potager rectangulaire bien pensĂ© aide notamment Ă garder des distances de plantation cohĂ©rentes, mĂȘme sur une surface modeste.
Des gouttes qui perlent sur les bords, une traĂźnĂ©e bleue sur les tiges ou un ruissellement au pied du plant signalent une application trop gĂ©nĂ©reuse. Inutile de repasser : la surface est dĂ©jĂ chargĂ©e. Trois jours plus tard, surveille les jeunes pousses ; si elles brunissent, se recroquevillent ou se dessĂšchent sur les contours, suspends toute application et vĂ©rifie le dosage. Un geste lĂ©ger et prĂ©cis vaut toujours mieux quâun plant saturĂ©.
Prévenir le mildiou de la tomate pour limiter le cuivre au potager
La bouillie bordelaise est admise dans certains usages de jardinage biologique, mais elle nâest pas anodine. Le cuivre est un mĂ©tal : il ne disparaĂźt pas comme le ferait une matiĂšre organique. Ă force dâapplications rĂ©pĂ©tĂ©es, il peut sâaccumuler dans la terre et perturber les vers de terre ainsi que les micro-organismes qui participent Ă la fertilitĂ© du sol.
RĂ©duire les traitements commence donc bien avant lâapparition des taches. Une tomate installĂ©e en plein soleil, avec un feuillage qui sĂšche rapidement et une terre paillĂ©e, a moins de raisons de tomber malade. Dans les zones oĂč les averses estivales alternent avec des pĂ©riodes trĂšs chaudes, cette prĂ©vention devient particuliĂšrement prĂ©cieuse : le jardin a besoin de rĂ©gularitĂ©, pas de rĂ©actions prĂ©cipitĂ©es.
CrĂ©er des conditions oĂč le mildiou trouve moins de place
La rotation des cultures reste un geste utile. Ăvite de planter tomates et pommes de terre au mĂȘme endroit chaque annĂ©e ; idĂ©alement, laisse passer trois Ă quatre ans avant de revenir sur la mĂȘme zone. Dans un petit jardin, cette rĂšgle est parfois difficile Ă suivre parfaitement. Retirer avec soin les rĂ©sidus de fin de saison et renouveler une partie du substrat dans les bacs amĂ©liore dĂ©jĂ la situation.
Le choix des variétés compte également. Certaines tomates sont annoncées comme plus tolérantes au mildiou. Elles ne sont pas invincibles, mais elles supportent souvent mieux les épisodes humides. Mélanger tomates cerises, tomates à sauce et variétés de table plutÎt que miser sur un seul cultivar sensible répartit les risques et apporte une récolte plus généreuse en cuisine.
Un sol vivant favorise une croissance Ă©quilibrĂ©e. Compost mĂ»r, paillage et apports raisonnĂ©s aident les racines Ă travailler dans de bonnes conditions. LâexcĂšs dâengrais azotĂ©, lui, produit un feuillage trĂšs tendre, dense et fragile. Une tomate spectaculaire en juin, mais Ă©puisĂ©e en juillet, nâa rien dâun bon plan. La vigueur durable est plus intĂ©ressante quâune croissance explosive.
Choisir une alternative seulement aprÚs avoir identifié le problÚme
Le cuivre ne rĂ©pond pas Ă tous les soucis du potager. LâoĂŻdium, reconnaissable Ă son voile blanc farineux, appelle une autre stratĂ©gie ; le soufre peut parfois ĂȘtre utilisĂ© selon son Ă©tiquette, loin des pĂ©riodes de forte chaleur. Des prĂ©parations au bicarbonate sont aussi parfois employĂ©es en prĂ©vention lĂ©gĂšre, autour de 5 g/L avec une petite quantitĂ© de savon noir adaptĂ©, mais leur efficacitĂ© reste modĂ©rĂ©e et elles exigent des renouvellements.
La prĂȘle, les extraits vĂ©gĂ©taux et les soins du sol peuvent accompagner une conduite plus douce, sans prĂ©tendre remplacer une protection lors dâune forte pression de maladie. Lâerreur classique consiste Ă mĂ©langer plusieurs produits « pour faire plus fort ». Cette logique peut fragiliser le feuillage et rendre la prĂ©paration instable. Un problĂšme identifiĂ© mĂ©rite une rĂ©ponse ciblĂ©e, pas un cocktail improvisĂ©.
Accepter quelques feuilles imparfaites fait aussi partie dâun potager rĂ©aliste. Une petite tache isolĂ©e ne condamne pas la saison si les nouvelles pousses restent vigoureuses, que les tiges sont saines et que les fruits grossissent. Le jardin nâa pas besoin de ressembler Ă une vitrine : il doit produire de belles tomates Ă savourer, en respectant la terre qui les nourrit.
Les dĂ©chets de cuisine peuvent complĂ©ter ce cercle vertueux quand ils sont correctement compostĂ©s. Avant dâajouter un matĂ©riau dans le bac, il est utile de savoir si le papier absorbant convient rĂ©ellement : ce guide sur le Sopalin dans le compost maison aide Ă faire le tri entre les bons apports et ceux Ă Ă©viter. Le meilleur traitement reste celui dont le potager a de moins en moins besoin.
SĂ©curitĂ© et dĂ©lai avant rĂ©colte : traiter les tomates sans nĂ©gliger lâessentiel
Un produit de jardin demande la mĂȘme rigueur quâun produit dâentretien. Au moment du dosage, la poudre de bouillie bordelaise peut irriter les yeux, la peau et les voies respiratoires. Les particules sont faciles Ă inhaler lorsquâon ouvre le sachet ou quâon verse la poudre dans un rĂ©cipient. La prĂ©paration doit se faire dehors, loin dâune table de repas, des enfants et des animaux domestiques.
Gants en nitrile, lunettes de protection, masque FFP2 et vĂȘtements couvrants sont des Ă©quipements simples, mais utiles. Il ne faut ni manger, ni boire, ni fumer pendant la prĂ©paration ou lâapplication. AprĂšs le traitement, les mains et avant-bras sont lavĂ©s soigneusement, tandis que les vĂȘtements utilisĂ©s partent au lavage. Ces gestes ne retirent rien au plaisir de jardiner : ils permettent justement de prĂ©server un cadre sain autour du potager.
Respecter le délai avant de cueillir les tomates
Pour les tomates consommĂ©es fraĂźches, il est prudent de prĂ©voir un arrĂȘt des applications au moins 21 jours avant la rĂ©colte. Cette durĂ©e doit toujours ĂȘtre comparĂ©e Ă lâĂ©tiquette du produit utilisĂ©, car elle peut varier selon la formulation et les autorisations en vigueur. Ă lâapproche des premiĂšres cueillettes, le pulvĂ©risateur laisse donc naturellement la place Ă lâaĂ©ration, au retrait des feuilles abĂźmĂ©es et Ă une protection contre les pluies persistantes.
Laver les tomates Ă lâeau claire avant de les manger reste indispensable, traitĂ©es ou non. Terre, poussiĂšres, Ă©claboussures et dĂ©jections dâoiseaux peuvent se dĂ©poser sur les fruits. En revanche, le lavage ne remplace jamais le dĂ©lai avant rĂ©colte. La sĂ©curitĂ© repose sur lâensemble des prĂ©cautions : dose mesurĂ©e, date notĂ©e, produit autorisĂ© et cueillette rĂ©alisĂ©e au bon moment.
Protéger les pollinisateurs et gérer les restes correctement
Quand les fleurs sont ouvertes et que les pollinisateurs sâactivent, le traitement doit attendre. Abeilles, bourdons et syrphes sont essentiels Ă la fĂ©condation et Ă lâĂ©quilibre du jardin. Les syrphes et les coccinelles participent aussi Ă la rĂ©gulation des pucerons. Les prĂ©server Ă©vite souvent dâavoir Ă intervenir sur dâautres ravageurs plus tard dans la saison.
La prĂ©paration doit ĂȘtre rĂ©alisĂ©e dans la quantitĂ© juste. Pour une douzaine de tomates, un ou deux litres sont souvent suffisants, selon la densitĂ© du feuillage. Un litre de solution peut couvrir approximativement 20 mÂČ de lĂ©gumes, mais cette estimation varie fortement avec la taille des plants et la finesse de la pulvĂ©risation. PrĂ©parer dix litres par habitude est le meilleur moyen de se retrouver avec un reste problĂ©matique.
- đ« Ne jamais verser un reliquat dans lâĂ©vier, les toilettes, le caniveau ou un fossĂ©.
- đŠ Rincer le pulvĂ©risateur Ă lâeau claire dans un endroit oĂč les eaux de lavage ne rejoignent pas un puits, un avaloir ou un cours dâeau.
- đ Conserver la poudre dans son emballage dâorigine fermĂ©, au sec et hors de portĂ©e des enfants.
- đ Noter la date, le dosage, la mĂ©tĂ©o et lâĂ©tat des plants dans un carnet.
- đ VĂ©rifier une derniĂšre fois le dĂ©lai avant rĂ©colte avant de cueillir les premiers fruits.
Ce suivi Ă©vite les oublis. Il permet aussi de voir clairement ce qui a fonctionnĂ© : un paillage efficace, une serre mieux ventilĂ©e, une variĂ©tĂ© plus robuste ou une intervention limitĂ©e Ă un seul passage. Au fil des saisons, le jardinier apprend Ă lire son terrain plutĂŽt quâĂ suivre des automatismes.
Avant de remplir le pulvérisateur, garde ce réflexe tout simple : observe les feuilles, regarde la météo et prépare seulement le volume nécessaire.
Quel dosage de bouillie bordelaise faut-il utiliser sur des tomates saines ?
Pour une utilisation prĂ©ventive, 10 g de bouillie bordelaise par litre dâeau constituent un repĂšre modĂ©rĂ©. La dose indiquĂ©e sur lâĂ©tiquette du produit achetĂ© reste prioritaire, car les formulations peuvent varier.
à quelle fréquence traiter les tomates avec la bouillie bordelaise ?
En pĂ©riode durablement humide et favorable au mildiou, un intervalle dâenviron 15 jours peut ĂȘtre envisagĂ©. Par temps sec, chaud et ventilĂ©, aucun traitement systĂ©matique nâest nĂ©cessaire.
Peut-on pulvériser aprÚs une forte pluie ?
Il faut attendre que le feuillage soit parfaitement sec, vĂ©rifier lâĂ©tat des plants et regarder la mĂ©tĂ©o des 24 Ă 48 heures suivantes. AprĂšs environ 20 mm de pluie, le dĂ©pĂŽt peut ĂȘtre lessivĂ©, mais un renouvellement nâest utile que si le risque persiste.
La bouillie bordelaise soigne-t-elle un mildiou déjà trÚs installé ?
Elle agit surtout en prĂ©vention, car le cuivre reste Ă la surface des vĂ©gĂ©taux. DĂšs les premiers symptĂŽmes, retire les feuilles trĂšs touchĂ©es et protĂšge les parties encore saines selon les conditions dâemploi du produit.
Pourquoi limiter les applications de cuivre au potager ?
Le cuivre peut sâaccumuler dans le sol et perturber la microfaune utile, notamment les vers de terre. Paillage, arrosage au pied, espacement, rotation et choix de variĂ©tĂ©s tolĂ©rantes rĂ©duisent le besoin de traitement.


